Margaret « Muggs » Tibbo : le sport sans barrières

Composante essentielle d’une société en santé, le bénévolat nourrit l’âme et s’avère parfois indispensable, mais il peut aussi mener sous les projecteurs, comme l’a appris Margaret « Muggs » Tibbo.

Le mois dernier, cette amie de longue date de L’Arche Avalon et citoyenne remarquable de St. John’s a été nommée membre de l’Ordre de Terre-Neuve-et-Labrador, aux côtés de sept autres Terre-Neuvien·ne·s et Labradorien·ne·s d’exception.

Récompensée dans la catégorie Sports, loisirs et condition physique de l’Ordre, Muggs a été saluée pour sa contribution de plusieurs décennies à la promotion de l’inclusion des personnes handicapées dans le sport. Elle a entrepris son bénévolat dans le domaine de la mise en forme et des loisirs à la fin des années 1970 et est rapidement devenue une ardente promotrice du sport adapté.

Défenseuse et instructrice de ski alpin et de fond pour personnes handicapées, cofondatrice du programme d’équithérapie Rainbow Riders, Muggs a été une véritable force motrice pour l’accessibilité et l’inclusion dans de nombreux autres disciplines, notamment le hockey sur luge, la voile, l’athlétisme, la natation, l’aviron et le basketball en fauteuil roulant!

Bien que sa nomination à l’Ordre de Terre-Neuve-et-Labrador ne soit pas sa première distinction majeure – Muggs a été intronisée au Temple de la renommée des bénévoles de Terre-Neuve-et-Labrador en 2018 pour ses années de bénévolat, principalement auprès des personnes handicapées –, elle a eu la même sensation de « papillons au ventre » lorsqu’elle a appris la nomination. « Je trouve cela excitant, oui, mais je me sens un peu éblouie », admet-elle.

Sa passion pour aider les personnes handicapées à atteindre leur plein potentiel semble s’être développée tout naturellement. « À l’école secondaire, il y avait un camarade de classe qui avait besoin d’aide pour se rendre d’un endroit à l’autre, et tout le monde prêtait main forte. C’était aussi simple que ça. »

Quelques années plus tard, alors qu’elle travaillait dans un camp de jour en tant que coordonnatrice d’activités artistiques et artisanales en Nouvelle-Écosse, elle a pris à cœur la demande d’un jeune campeur. Il lui avait demandé pourquoi son frère Patrick ne pouvait pas venir au camp avec lui. Patrick était atteint de paralysie cérébrale et se déplaçait en fauteuil roulant. Muggs s’est dit : « Pourquoi pas ? » Elle a convaincu les personnes qu’il fallait convaincre et a fait entrer Patrick au camp. Un jour, une activité de groupe impliquait aller dans les bois et grimper aux arbres, et il n’était pas question d’en exclure Patrick. Muggs et un collègue l’ont sorti de son fauteuil et l’ont hissé dans un arbre à l’aide de cordes et de nœuds. Le moment venu de rentrer, il ne voulait plus descendre. « Il souriait jusqu’aux oreilles, comme le chat de Cheshire », se souvient Muggs. Ce jour-là, elle a compris : « Si quelque chose d’aussi simple que de faire des nœuds peut rendre quelqu’un aussi heureux, je suppose que c’est ce que je ferai de ma vie. »

En plus de tout son travail bénévole, Muggs a travaillé en tant que spécialiste des loisirs dans un centre de réadaptation pour enfants, desservant l’ensemble de la province de Terre-Neuve-et-Labrador. En 2017, après 37 ans de ce qu’elle appelle affectueusement « être payée pour jouer avec des enfants », elle a pris sa retraite. Mais certaines passions ne prennent jamais leur retraite, et le bénévolat en fait partie. Depuis neuf ans, Muggs est une présence familière et accueillante à L’Arche Avalon, où elle contribue à la vente aux enchères annuelle, participe au vide-grenier estival et fait vibrer la communauté au rythme de sa musique. En tant que membre du LA Band, elle anime les rassemblements en chantant et en jouant de la guitare et du bodhrán, le tambour traditionnel irlandais. Notre monde a besoin de plus de Muggs.