{"id":6652,"date":"2026-09-10T09:55:41","date_gmt":"2026-09-10T13:55:41","guid":{"rendered":"https:\/\/larche.ca\/fr\/?post_type=news&#038;p=6652"},"modified":"2026-09-10T09:59:10","modified_gmt":"2026-09-10T13:59:10","slug":"lynda-brosko-oh-attends-un-peu","status":"publish","type":"news","link":"https:\/\/larche.ca\/fr\/nvlles\/lynda-brosko-oh-attends-un-peu\/","title":{"rendered":"Lynda Brosko : \u00ab Oh, attends un peu\u2026 \u00bb"},"content":{"rendered":"<h4>Pour Lynda Brosko, responsable de communaut\u00e9 de L\u2019Arche Comox Valley, en Colombie-Britannique, la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9conciliation ne sont pas des concepts abstraits. Elles touchent \u00e0 quelque chose de profond\u00e9ment personnel : son identit\u00e9, sa famille et un pan de son histoire longtemps gard\u00e9 sous silence \u2013 et qu\u2019elle est aujourd\u2019hui d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 comprendre.<\/h4>\n<p>Lynda a des racines autochtones des deux c\u00f4t\u00e9s de sa famille : algonquine et m\u00e9tisse du c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re, et huronne du c\u00f4t\u00e9 de son p\u00e8re. Pourtant, dans sa jeunesse, elle ne se consid\u00e9rait pas comme autochtone. Dans sa famille, on \u00e9vitait de parler de ces origines.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis n\u00e9e \u00e0 Winnipeg, mais nous avons rapidement d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans l\u2019ouest du pays parce que ma famille essayait de rompre avec la d\u00e9pendance, la violence et tout ce qui allait avec \u00bb, se souvient-elle. \u00ab Bien que j\u2019aie grandi avec cette histoire, je ne l\u2019ai jamais associ\u00e9e \u00e0 ma culture des Premi\u00e8res Nations. \u00bb<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que bien plus tard, \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte, que certains \u00e9l\u00e9ments ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre un nouveau sens<\/p>\n<p>\u00ab Je me suis dit : \u201cOh, attends un peu.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire de Lynda s\u2019inscrit dans une histoire plus vaste.<\/p>\n<p>Ayant grandi dans le nord de la Colombie-Britannique et au Yukon, Lynda \u00e9tait entour\u00e9e de communaut\u00e9s et de la culture des Premi\u00e8res Nations. Elle pratiquait le tra\u00eeneau \u00e0 chiens, parcourait les pistes de pi\u00e9geage et s\u2019est li\u00e9e d\u2019amiti\u00e9 avec des Autochtones. Plus tard, elle a pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 travailler aupr\u00e8s de jeunes des Premi\u00e8res Nations.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, elle ne faisait pas le lien entre ces exp\u00e9riences et son propre h\u00e9ritage. Aujourd\u2019hui, c\u2019est diff\u00e9rent. Une histoire qui l\u2019a marqu\u00e9e particuli\u00e8rement est celle de la route des larmes, o\u00f9 de nombreuses femmes et filles autochtones ont disparu ou ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai v\u00e9cu le long de cette route \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la situation \u00e9tait terrible. \u00bb<\/p>\n<p>Elle se souvient de la d\u00e9couverte de la ferme de Pickton, pr\u00e8s de Vancouver, et de la sinistre appr\u00e9hension que nombre des restes humains retrouv\u00e9s soient ceux d\u2019Autochtones.<\/p>\n<p>\u00ab Nous attendions tous, sachant qu\u2019ils allaient probablement retrouver beaucoup de femmes des Premi\u00e8res Nations, simplement en raison du nombre de celles qui \u00e9taient port\u00e9es disparues. \u00bb<\/p>\n<p>Lynda a assist\u00e9 en mai dernier \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de la Journ\u00e9e de la robe rouge, en hommage \u00e0 ces \u00ab s\u0153urs vol\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Ce n\u2019est pas une histoire lointaine; ce sont des r\u00e9cits que nous avons v\u00e9cus. C\u2019est une partie d\u00e9mente\/\u00e9pouvantable\/malade\/d\u00e9sax\u00e9e\/d\u00e9traqu\u00e9e de notre histoire. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Quand la culture devient un chemin vers soi<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019un emploi pr\u00e9c\u00e9dent, Lynda travaillait aupr\u00e8s de jeunes des Premi\u00e8res Nations, dont plusieurs avaient connu le syst\u00e8me de placement en famille d\u2019accueil. Son \u00e9quipe int\u00e9grait la culture \u00e0 son approche comme une voie vers la gu\u00e9rison.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de simplement dire aux jeunes ce qu\u2019ils ne devaient pas faire parce que c\u2019\u00e9tait contraire \u00e0 la loi, elle les aidait \u00e0 faire le lien entre leurs choix et quelque chose de plus profond.<\/p>\n<p>\u00ab Nous leur disions : \u201cMais ce n\u2019est pas ce que votre culture vous enseigne.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>Renouer avec leur culture donnait aux jeunes une autre raison de faire des choix diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait vraiment une \u00e9tape importante de leur gu\u00e9rison et de leur reconstruction. \u00bb<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rience a \u00e9galement rapproch\u00e9 Lynda des cultures autochtones au-del\u00e0 de la tradition de sa propre famille. Elle a commenc\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre des liens entre les r\u00e9cits qu\u2019elle entendait dans le cadre de son travail et ceux de sa propre famille.<\/p>\n<p>Une histoire personnelle, longtemps demeur\u00e9e dans le non-dit, s\u2019inscrivait d\u00e9sormais dans une histoire canadienne plus vaste \u2013 une histoire marqu\u00e9e par le d\u00e9placement, la rupture des liens familiaux et la perte des liens avec la culture.<\/p>\n<p><strong>L\u2019ironie de la carte de statut<\/strong><\/p>\n<p>Le parcours de Lynda vers la r\u00e9approriation de sa culture a \u00e9galement mis en lumi\u00e8re une contradiction g\u00eanante.<\/p>\n<p>La nation algonquine la reconna\u00eet comme membre en raison de ses origines et de sa lign\u00e9e. \u00c9tablir cette m\u00eame g\u00e9n\u00e9alogie aupr\u00e8s du gouvernement canadien s\u2019est av\u00e9r\u00e9 bien plus difficile. Les archives qui auraient pu attester de son histoire familiale ont disparu dans les m\u00e9andres du syst\u00e8me de placement en famille d\u2019accueil et d\u2019autres programmes gouvernementaux.<\/p>\n<p>\u00ab Le programme gouvernemental est tr\u00e8s colonial \u00bb, fait-elle remarquer. \u00ab Je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 en mesure de prouver suffisamment ma g\u00e9n\u00e9alogie parce que ces documents ont disparu. \u00bb<\/p>\n<p>Lynda a des proches titulaires d\u2019une carte de statut, un oncle qui est chef, une tante qui dirige des programmes destin\u00e9s aux Premi\u00e8res Nations \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Winnipeg. Les liens de sa famille sont connus au sein de la communaut\u00e9 algonquine. Mais ce qui est reconnu au sein de la communaut\u00e9 ne se traduit pas n\u00e9cessairement par des documents officiels dans le syst\u00e8me colonial.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est l\u00e0 toute l\u2019incoh\u00e9rence. \u00bb<\/p>\n<p>Et c\u2019est ce qui rend la r\u00e9conciliation personnelle pour Lynda.<\/p>\n<p>\u00ab Ma responsabilit\u00e9 est de r\u00e9concilier cette partie de mon histoire afin qu\u2019elle ne soit ni n\u00e9glig\u00e9e ni absente. Mais je ne veux pas qu\u2019on la mette en avant simplement parce que c\u2019est tendance de s\u2019int\u00e9resser aux Premi\u00e8res Nations. \u00bb<\/p>\n<p>Pour elle, le 30 septembre \u2013 Journ\u00e9e nationale de la v\u00e9rit\u00e9 et de la r\u00e9conciliation \u2013 ne peut se r\u00e9sumer \u00e0 une simple journ\u00e9e, \u00e0 une publication sur les r\u00e9seaux sociaux ou \u00e0 une reconnaissance du territoire. Cela nous invite \u00e0 \u00e9couter. \u00c0 nous souvenir. Et \u00e0 prendre en compte les r\u00e9cits qui ont \u00e9t\u00e9 absents, d\u00e9form\u00e9s ou r\u00e9duits au silence.<\/p>\n<p>C\u2019est exactement ce que fait Lynda au sein de sa propre famille. Ses deux enfants adultes posent des questions. Du silence, elle souhaite qu\u2019ils h\u00e9ritent de quelque chose de diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes d\u00e9sormais plus conscients et conscientes de notre culture. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Quel est le rapport avec L\u2019Arche ?<\/strong><\/p>\n<p>Il est patent.<\/p>\n<p>Plus Lynda explore son h\u00e9ritage culturel, plus elle y voit des liens avec les valeurs qu\u2019elle rencontre \u00e0 L\u2019Arche : la communaut\u00e9, l\u2019interd\u00e9pendance, l\u2019\u00e9coute, le respect, le sentiment d\u2019appartenance et la reconnaissance du fait que chacun\u00b7e a quelque chose \u00e0 apporter.<\/p>\n<p>\u00ab Dans les communaut\u00e9s des Premi\u00e8res Nations, on \u0153uvre pour le bien de l\u2019ensemble du groupe \u00bb, explique-t-elle. \u00ab On reconna\u00eet la valeur de chaque personne. \u00bb<\/p>\n<p>Cela contraste avec l\u2019individualisme qu\u2019elle observe dans une grande partie de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale.<\/p>\n<p>\u00ab On nous dit qu\u2019il faut \u00eatre bon ou bonne en tout, mais quand on travaille en groupe, en communaut\u00e9 ou en clan, on n\u2019est qu\u2019une partie de l\u2019ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>Et cela, dit-elle, est lib\u00e9rateur.<\/p>\n<p>\u00ab Je n\u2019ai pas besoin d\u2019\u00eatre bonne dans tout, car mes ami\u00b7e\u00b7s vont combler les lacunes avec ce qu\u2019ils et elles savent bien faire. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois ans \u00e0 L\u2019Arche, Lynda a commenc\u00e9 \u00e0 se rendre compte que la vie en communaut\u00e9 lui semblait \u00e9trangement famili\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Je me suis dit : \u201cOui, je connais tout \u00e7a. C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai toujours v\u00e9cu.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>Lynda se souvient avoir grandi entour\u00e9e de personnes handicap\u00e9es qui \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es en fonction de qu\u2019elles pouvaient apporter, et non de ce qui leur manquait.<\/p>\n<p>\u00ab Je me souviens qu\u2019on me disait quand j\u2019\u00e9tais enfant : \u201cCette personne l\u00e0-bas est vraiment dou\u00e9e pour XYZ.\u201d \u00bb<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que plus tard qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9 que certaines de ces personnes avaient un handicap.<\/p>\n<p>\u00ab Mais ce n\u2019est pas comme \u00e7a qu\u2019on me les pr\u00e9sentait. On me les pr\u00e9sentait pour leurs talents, pas en fonction de leurs d\u00e9ficits. \u00bb<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9conciliation commence pr\u00e8s de chez soi<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Comox Valley, Lynda et son \u00e9quipe ont trouv\u00e9 un point de d\u00e9part presque \u00e0 leur porte : une \u00e9cole alternative des Premi\u00e8res Nations situ\u00e9e tout pr\u00e8s de L\u2019Arche.<\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, les deux communaut\u00e9s ont v\u00e9cu c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sans se c\u00f4toyer. Aujourd\u2019hui, elles commencent \u00e0 tisser des liens. Des \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole ont fait du b\u00e9n\u00e9volat \u00e0 L\u2019Arche. Julia, une personne accueillie de L\u2019Arche et une ardente d\u00e9fenseure des droits des personnes en situation de handicap, a discut\u00e9 avec les \u00e9l\u00e8ves du handicap, de l\u2019\u00e9cole et du sentiment d\u2019appartenance. Pour Lynda, c\u2019est la r\u00e9conciliation en action.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut bien que quelqu\u2019un fasse le premier pas pour que les gens apprennent \u00e0 se conna\u00eetre \u00bb, explique Lynda, qui s\u2019est rendue \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de la Journ\u00e9e de la robe rouge v\u00eatue de son t-shirt de L\u2019Arche.<\/p>\n<p>Elle voit l\u00e0 une importante conversation qui ne demande qu\u2019\u00e0 s\u2019engager entre les communaut\u00e9s autochtones et L\u2019Arche.<\/p>\n<p>\u00ab Nous savons que les Premi\u00e8res Nations ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 L\u2019Arche, mais elles constituent probablement le groupe canadien qui pr\u00e9sente le plus de similitudes avec L\u2019Arche et auquel l\u2019organisation peut le mieux s\u2019identifier. Les personnes en situation de handicap ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es en institution. Les membres des Premi\u00e8res Nations ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9\u00b7e\u00b7s dans des pensionnats. \u00bb<\/p>\n<p>Leur exp\u00e9rience commune de la marginalisation et de la s\u00e9paration de la communaut\u00e9 dans son son ensemble est difficile \u00e0 ignorer. Et bien que leurs histoires ne soient pas identiques, reconna\u00eetre leurs points communs, sugg\u00e8re Lynda, peut cr\u00e9er un espace o\u00f9 apprendre les un\u00b7e\u00b7s des autres.<\/p>\n<p><strong>Un avenir diff\u00e9rent<\/strong><\/p>\n<p>Lynda esp\u00e8re que les jeunes Autochtones qui acc\u00e8dent \u00e0 des postes de leadership ne se sentiront pas contraints de choisir entre leur culture et les syst\u00e8mes dans lesquels ils et elles \u00e9voluent.<\/p>\n<p>\u00ab Le monde a r\u00e9ellement besoin de leur point de vue et de leur h\u00e9ritage. \u00bb<\/p>\n<p>Elle croit que les fa\u00e7ons autochtones de concevoir la communaut\u00e9, les conflits, la responsabilit\u00e9 et le sentiment d\u2019appartenance peuvent contribuer \u00e0 gu\u00e9rir la soci\u00e9t\u00e9 canadienne.<\/p>\n<p>\u00ab Leur culture et leurs traditions n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre en opposition au colonialisme. Elles peuvent r\u00e9parer le pass\u00e9 colonial simplement en \u00e9tant pr\u00e9sentes. \u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9conciliation ne consiste pas \u00e0 choisir un camp plut\u00f4t qu\u2019un autre.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est un \u201coui et\u2026\u201d, explique Lynda. \u00ab Nous avons r\u00e9ellement besoin des deux. \u00bb<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9galement \u00e9limin\u00e9 les espaces ins\u00e9cables provenant des balises  afin d\u2019obtenir un texte plus propre.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"parent":0,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_links_to":"","_links_to_target":""},"news_tag":[75],"class_list":["post-6652","news","type-news","status-publish","format-standard","hentry","news_tag-portraits"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/larche.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/news\/6652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/larche.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/news"}],"about":[{"href":"https:\/\/larche.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/news"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/larche.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"news_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/larche.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/news_tag?post=6652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}