En cœur, les chiens aboient au grand air un requiem de c’est-assez, pendant que mes voisins de tente se remettent à prier. J’avais les yeux collés, la bouche pâteuse, le sommeil profond, le rêve léger, mais quand la terre se met à danser sous notre corps, l’adrénaline nous ramène rapidement là où nous sommes. D’ailleurs, un peu confus, je ne savais pas exactement où j’étais et le stress d’être entouré de béton m’est revenu comme revient au soleil l’envi des vacances. Suis-je à l’abri?
Oui, nous sommes à l’abri.
Les soldats, mais je veux dire nos soldats à nous, les vrais bons soldats qui font dans l’humanitaire, sont venus nous installer tout ce dont nous avions besoin pour vivre confortablement les prochains mois. Protégé de la pluie, des insectes, du soleil, des nuits fraîches, tous les amis sont maintenant copropriétaires de logement à toile blanche et à sol imperméable, tandis que les assistants, les voisins, sont maintenant colocataires de loyers à prix modique.
| La magie de l'humanitaire |
Je pense à Hubert, cet externe doux et poli avec qui j’ai partagé une nuit sur un banc d’église, dehors, dans la fraîcheur d’une nuit sans lune. Ces paroles font écho dans ma tête comme d’une vérité simple : « Nous sommes tous dans le même bateau… » Puis il avait éclaté de rire! Oui, plus que jamais, les haïtiens ressentent leur propre pauvreté comme étant le lot de tout un chacun, plutôt que comme une division social.
Le vent vient du sud ce matin; il nous amène des saveurs antillaises à la noix de coco…

Commenter | (4 Commentaires)
Envoyer à un(e) ami(e)